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La pièce Matin Brun jouée pour toutes les classes de 3è

par Elèves, Mme Barbé, Mme Entrevan, Mme Harsany, Mme Vaillant

J’ai assisté avec mon collège à la représentation de Matin Brun écrit par Franck Pavloff et mis en scène par Arnaud Beunaiche de la compagnie l’Emporte voix. La pièce a été jouée dans le réfectoire de notre collège. Nous étions nombreux à penser que la pièce se déroulait lors de la Seconde Guerre mondiale. En réalité, lors du débat à l’issue de la pièce, l’acteur nous a démontré le contraire car à cette période la télévision n’existait pas et cette pièce y fait allusion. Chaque spectateur peut en fait se faire son avis sur la période de cette pièce. Matin Brun est un texte de leçon et de morale : un homme et son ami Charlie vivent lors d’un nouveau régime politique où un état brun monte au pouvoir. Au début, cet état leur impose une règle qui est de posséder un chien ou un chat de pelage brun uniquement. Au fur et à mesure de la pièce, l’état impose de nouvelle règles : s’habiller en brun, posséder seulement des livres bruns, dire le mot brun à la fin de chaque phrase... L’homme et Charlie se plient aux différentes lois pour passer inaperçus jusqu’au jour où l’état informe la population que toutes les personnes ayant possédé ou de la famille ayant possédé un chat ou chien brun seront arrêtées. Le personnage principal prend alors conscience de la dictature dans lequel il est entré sans s’en rendre compte et il se fait finalement arrêter par la police pour avoir enfreint la loi.
Au départ, la scène était composée d’un porte manteau, d’une table avec une nappe à fleurs, de livres, d’une valise et d’une tablette. Ensuite, lorsque l’état commence à imposer ses règles, l’homme enlève sa nappe à fleurs pour la remplacer par une nappe brune. Il jette à la poubelle tous ses livres pour les échanger contre des livres bruns. Il arrive même à changer le fond d’écran de sa tablette pour une photo brune : l’automne, c’est trop orange, sa photo de son chien brun c’est mieux ! De plus, au cours de la pièce, il change d’habit pour se revêtir de brun.
J’ai beaucoup aimé la pièce Matin Brun et le débat en fin de pièce. (Esther - 3è5)

Le vendredi 16 février 2018, Arnaud Beunaiche, comédien de la compagnie l’Emporte-voix est venu nous jouer la pièce Matin Brun. En parallèle, nous avons étudié le texte en classe et nous nous sommes entraînés à l’oral lors de courtes scénettes abordant différents thèmes de la pièce. Mon groupe a abordé le thème « chien et chat ». Nous devions raconter la pièce en totale improvisation selon le point de vue des animaux domestiques. J’ai donc trouvé la pièce très bien interprétée et fidèle au texte original de Frank Pavloff. Le décor était relativement simple et basique, composé d’une table avec une nappe en fleurs de couleur brune, une chaise, une valise et un porte-manteau avec des gants et un manteau le tout étant brun. Afin de ramener une touche de modernité à la pièce il y avait un ordinateur et une tablette. Le personnage était quant à lui stressé, perturbé, paranoïaque et lâche. Il vérifiait souvent les portes et fenêtres de sa « maison », de peur qu’on ne l’arrête. Selon le comédien, dans une telle situation de dictature, nous aurions tous réagi comme lui. Néanmoins, je ne suis pas d’accord avec ce point de vue. On vient à se poser quelques questions sur les différents thèmes abordés, tout d’abord concernant l’époque. On pourrait croire que la pièce se situe entre la Seconde guerre mondiale et les années 2000 mais aucun indice précis ne nous l’apprend concrètement. Puis, la pièce nous fait réfléchir sur notre propre personnalité et les choix que nous avons à prendre dans notre vie. Par exemple, au cinéma nous ne voyons que les films que l’on nous propose, c’est-à-dire des films influents, célèbres et principalement américains. Notre style vestimentaire est également très similaire par rapport aux autres puisque influencé par les phénomènes de mode qui dictent inconsciemment nos choix. Ce phénomène génère une certaine forme de censure et d’autodafé comme il y a pu en avoir en Turquie pendant 2 mois. Enfin, actuellement la propagande est particulièrement répandue. Par exemple, aujourd’hui, les jeunes connaissent très bien Nabilla de par les réseaux sociaux ou bien les émissions télévisées qui ont lancé sa célébrité, mais ils n’arriveraient pas à identifier Stéphane Hessel et son essai Indignez-vous  ! (Sjaan- 3è5)

Nous étions dans la cantine, elle était aménagée de manière à planter le décor correctement. Il était totalement brun : les valises, les vêtements du personnage principal et même les chaises étaient recouvertes de draps marron. Je fus surprise au début car certains détails se démarquaient de cette couleur sombre, telle que la nappe à fleurs, la tasse colorée et le pull bleu de l’acteur. Ce personnage parano fit rapidement disparaître ces simples détails sous la pression de cette dictature du brun. Il changea même ses vêtements et jeta, déchira les livres de sa bibliothèque. Cette paranoïa mena cet homme perturbé et stressé à vérifier, au moindre bruit, chaque porte de son appartement car il a peur de se faire arrêter.
La pièce fut précédée de plusieurs débats passionnants. La censure, l’autodafé, les choix que nous ne décidons pas, comme le cinéma. La majorité des films à l’affiche sont américains pourtant ils ne forment qu’une infime partie des films qui sont produits chaque année. Ainsi nous ne visionnons jamais les films d’Inde, du Nigéria ou de Chine sous les choix du directeur du cinéma où nous allons. Le débat qui prit le plus de temps et d’attention fut celui de la propagande. L’acteur nous cita l’exemple de Nabila : dans la salle tout le monde la connaissait pour ces quatre mots ; "Non mais allô quoi ?". Il nous demanda alors si nous connaissions Stéphane Hessel mais ce dernier nous était inconnu. Pourtant, c’est un homme qui fut torturé plusieurs fois pour avoir fait partie de la résistance. Il publia un essai d’une trentaine de pages en 2010, intitulé "Indignez-vous !". C’est une propagande médiatique. Les médias se plient aux exigences de ses utilisateurs pour être leur coqueluche, alors ils relayent majoritairement du divertissement peu cultivant.
Cette pièce m’a étonnée, attirée par ses débats intéressant et cultivant. J’ai aimé toute la mise en scène. La pièce m’a beaucoup plu, j’ai passé un bon moment. (Lilou - 3è3)

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